Les experts du Giec sont réunis depuis ce lundi à Bangkok pour envisager les moyens de limiter les conséquences du réchauffement.
D'ores et déjà, une certitude : ne rien faire coûtera beaucoup plus cher que toutes les politiques de lutte contre le changement climatique.
La réunion du Giec a commencé lundu matin à Bangkok. Des centaines d'experts du monde entier sont réunis pour tenter de s'accorder sur un plan et des solutions concrètes pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. Le projet de texte qui doit être publié d'ici vendredi envisage différents scénarios pour limiter les émissions de gaz à effet de serre qui ont augmenté d'environ 70% de 1970 à 2004. La stabilisation des concentrations de C02 dans l'atmosphère à 650 ou 550 parties par millions (ppm) d'ici 2030 ne coûterait que respectivement 0,2% ou 0,6% du produit intérieur brut mondial, précise le document.
Alors que les opinions publiques s'inquiétent de températures supérieures aux moyennes saisonnières et de vagues de sécheresse inhabituelles dans certaines régions du monde, le Groupe Intergouvernemental d'experts sur l'Evolution du Climat (Giec), créé par l'Onu, doit préciser dans son nouveau document les moyens de lutter contre le réchauffement. Deux groupes de travail ont déjà rendu leurs conclusions, respectivement le 2 février à Paris, sur le caractère "sans équivoque" du changement climatique, et le 6 avril à Bruxelles, sur les conséquences préoccupantes de ce phénomène provoqué par l'activité humaine qui oblige à repenser le développement et les modes de vie au XXIe siècle, expliquent des scientifiques.
Stocker du CO2 sous terre, développer énergie solaire et transports publics
Le temps presse et les quelque 400 experts réunis pendant cinq jours à Bangkok devront s'entendre sur les termes d'un "résumé à l'intention des décideurs", une synthèse par consensus loin d'être acquise, tant les enjeux sont énormes pour les gouvernements, les milieux industriels et les organisations de défense de l'environnement. Certains délégués prédisent des frictions entre Américains, Européens et Chinois, principaux pollueurs de la planète. Cependant, indique un document de travail du Giec, tous les secteurs d'activité ont un potentiel "significatif" de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.
Des experts proposent d'établir un "prix du carbone" (référence au CO2 ou dioxyde de carbone et aux autres gaz à effet de serre), affirmant que plus ce prix sera élevé, plus les utilisateurs d'énergies fossiles auront intérêt à se tourner vers des technologies et modes de consommation plus sobres. Objectif : réduire l'utilisation du pétrole, du gaz et du charbon en diminuant les subventions à l'industrie et en imposant une taxe sur le carbone. Piéger et stocker sous terre du dioxyde de carbone pourraient constituer une solution pour les grosses installations industrielles, estime le Giec qui préconise aussi le développement des énergies éolienne et solaire, de la géothermie, des transports publics et modes de transport non motorisés, ainsi qu'une augmentation des taxes sur l'achat de voitures et de carburants.