Selon les experts du climat, réunis depuis lundi à Paris, les températures pourraient grimper jusqu'à 4 degrés, voire plus.
Les effets du réchauffement climatiques (cyclones, précipitations...) se feront ressentir "pendant plus d'un millénaire".
Après quatre jours d'analyses et de discussions, le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), réuni à Paris, a livré son rapport sur le réchauffement climatique. Pour la première fois, les experts donnent une "meilleure estimation" du réchauffement attendu d'ici la fin du siècle : la température grimperait de +1,8 à +4°C par rapport à la période 1980-1999. Ces valeurs sont des moyennes car, selon le scénario le plus "polluant", le mercure du thermomètre pourrait monter jusqu'à 6,4%. L'impact de ce phénomène climatique se fera ressentir "pendant plus d'un millénaire".
Les 500 spécialistes du Giec confirment que l'homme est responsable de "l'essentiel de l'accroissement observé sur la température moyenne globale depuis le milieu du 20e siècle". Leur certitude sur ce point s'élève désormais à 90%, contre 66% dans leur dernier rapport, publié en 2001. Voilà pour les causes. Concernant les conséquences, il est "vraisemblable" que les cyclones tropicaux futurs ainsi que les typhons et ouragans deviendront plus intenses, avec des vents plus forts et des précipitations plus fortes. Le niveau des mers devrait aussi s'élever entre 18 et 59 centimètres d'ici la fin du siècle.
"Sirène d'alarme"
Première réaction de Greenpeace : "Si le dernier rapport du Giec était un appel à se réveiller, ce nouveau rapport est une sirène d'alarme". "La bonne nouvelle est que notre compréhension du système climatique et de l'impact humain à son encontre s'est énormément améliorée. La mauvaise nouvelle, c'est que plus on en sait, plus notre futur apparait dangereux", poursuit l'ONG. "Le message adressé aux gouvernements est clair, et la possibilité d'agir se réduit vite", prévient-elle encore.
Des propos que méditeront sans aucun doute les représentants de plus de 50 pays qui se retrouvent vendredi et samedi pour la Conférence de Paris sur la gouvernance écologique mondiale. Ministres, experts, chefs d'entreprises, représentants d'ONG participeront à des ateliers sur le climat, la biodiversité ou l'eau. Cette réunion, organisée par Jacques Chirac, doit également établir les bases d'une Organisation des nations unies pour l'environnement, une instance qui ne fait pas l'unanimité au sein de la communauté internationale.